"Au XIIIème siècle règne sur les Dagomba, les Mamproussi et les Nankana, un puissant chef Nedega, dont la capitale est alors située à Gambaga (au nord de l'actuel Ghana). Sa fille Yenega se distingue par ses qualités d'amazone. Un jour que son cheval l'a entraînée trop loin dans la forêt, elle est recueillie par un chasseur d'éléphants nommé Rialé traditionnellement d'origine royale. Il obtient la main de Yenenga et l'emmène vivre dans la forêt près de Bouti. La région de Gambaga est alors surpeuplée, aussi le fils de Yenenga, appelé Ouedraogo (étalon), en souvenir du motif de la rencontre de ses parents, entraîne-t-il facilement les jeunes gens. Il va fonder Tenkodogo, contraction de Tenga Kodogo (terre vieille), où il a de nombreux fils..." raconte l’historien Robert Cornevin, au sujet de l’origine du peuple mossi et de la création de Tenkodogo, le plus ancien des royaumes établis au Burkina actuel. Les descendants de ce célèbre Ouedraogo conquirent et dominèrent les régions environnantes grâce à la solide organisation politique et à l‘armée de cavaliers de l’empire mossi. Un de ses fils partit notamment vers l’est où il fonda le royaume du Gourma à Pama, capitale qui fut transférée à Noungou au XVIIIème siècle (ancien nom de Fada N’Gourma). Quant à l’ouest, il fut conquis par un autre descendant, Oubri, qui nomme la capitale de son territoire Wogdo, « Venez m’honorer » (qui devint Ouagadougou) et se proclame Mogho Naaba (chef de l’empire mossi). D’autres invasions brassèrent la population de l’actuel Burkina Faso (Peuhl, Gourmantché, Touareg,…). Ainsi aujourd’hui, la population du Burkina qui compte 14 millions d’habitants est composée d’une soixantaine d’ethnies.
Après le Congrès de Berlin en 1885, où les Anglais et les Français se partagent l’Afrique de l’ouest, des expéditions sont menées jusqu’à l’entrée des troupes françaises à Ouagadougou en 1894.
Après l’occupation de la ville, le Mogho Naaba accepte le protectorat des Français le 23 décembre 1896, suivi par les autres royaumes mossi. Tandis que se constitue l’Afrique occidentale française jusqu’en 1919, les territoires mossi sont rattachés à une entité dénommée Haut-Sénégal-Niger. Les Mossi constituèrent l’essentiel des bataillons de «tirailleurs sénégalais» qui combattirent aux côtés des troupes alliées durant la Première Guerre mondiale.
Le 1er mars 1919 la Haute-Volta fut créée en tant que colonie autonome pour faciliter l’administration de la région marquée par une forte densité de la population au centre et des velléités de révoltes à l’Ouest et au Sud-ouest. De 1948 à 1959, de nouvelles infrastructures politiques contribuent à associer les autochtones à la gestion du territoire. Ainsi, en 1957 a lieu l’élection d’une Assemblée territoriale au suffrage universel et celle de Ouezzin Coulibaly comme vice-président. Ce dernier est remplacé à sa mort, un an plus tard, par Maurice Yaméogo, qui obtient l’Indépendance du pays en 1960. Le président Yaméogo fut chassé du pouvoir lors d'un soulèvement populaire en 1966; ayant instauré un régime de parti unique, sa gestion du pays avait été très controversée. Après plusieurs années d’une vie politique bien agité, le capitaine Thomas Sankara devient le chef du gouvernement militaire en 1982 par un nouveau coup d’Etat. Il est arrêté peu après, ce qui cause une nouvelle vague de mouvements populaires.
C'est finalement Blaise Compaoré qui porte Thomas Sankara au pouvoir en aout 1983. Ce dernier se présente comme le chef charismatique, le « Che Guevara » africain d’une révolution qui entraîne un séisme politique de portée internationale. En août 1984, le pays fut officiellement rebaptisé République populaire et démocratique du Burkina Faso, ce qui signifie «le pays des hommes intègres». Le changement de nom est fondamental : il marque la volonté d'en finir avec la dépendance vis à vis des puissances occidentales mais aussi l'éradication de la corruption. Les grandes lignes de la politique Sankara sont la recherche de l'autonomie économique et notamment alimentaire ainsi qu'une vraie politique de santé publique. Sur le plan social, logement, conditions des paysans, lutte contre la polygamie et l'excision amélioration du sort des femmes feront partie de ses combats. Cela dit, la sévérité du régime (exécutions sommaires, « dégagement » de fonctionnaires,…) déplaît à la population qui commence à manifester son mécontentement. Bien que les avis soient partagés quant à la portée de ces efforts politiques en milieu rural, il demeura dans l’esprit des Burkinabè une sorte de héros, représentant un idéal d’émancipation nationale.
Thomas Sankara est tué en octobre 1987, lors d’un putsch qui porte à la direction du pays Blaise Compaoré. À partir de 1991, le pays opte pour un système politique démocratique en adoptant une constitution par voie référendaire et en organisant des élections présidentielles et législatives.
Blaise Compaoré fait modifier la Constitution en 1997 afin de profiter du droit de se représenter à la présidence autant de fois qu'il le souhaite et c’est ainsi qu’il est depuis plus de vingt ans chef d’Etat.
Pour conclure, le Burkina a connu, depuis son indépendance, au moins 10 régimes politiques différents, dont trois constitutionnels et sept militaires, les derniers étant les résultats des coups d'État. Étant donné que les régimes militaires ont généralement été autocratiques et dictatoriaux, la violence et la violation massive des droits de l'homme ont profondément marqué le pays qui, aujourd'hui, demeure l'un des plus pauvres de l'Afrique.